
Contemplant un même ordre social, certains voient une réalité qui, bien que perfectible, est globalement sur la bonne voie, tandis que d’autres y perçoivent un système patriarcal et raciste, miné par l’injustice et l’oppression. Sont-ce les premiers qui portent des lunettes roses, ou les seconds qui noircissent le tableau ?
Il fera valoir qu’un biais pessimiste important est à l’œuvre lorsqu’on évalue nos démocraties libérales. Après avoir donné quelques éléments factuels en faveur de l’existence de ce biais, il s’intéressera à deux erreurs fondamentales qui le nourrissent – deux erreurs qui sont au coeur de ce qu’on appelle souvent « le wokisme ». La première consiste à évaluer l’état de nos sociétés à l’aune d’un idéal utopique plutôt qu’à partir des progrès effectivement accomplis. La seconde consiste à étendre indûment la portée de notions négatives telles que l’injustice, le racisme, l’offense ou la pathologie.
Olivier Massin est professeur de philosophie à l’université de Neuchâtel, où il occupe la chaire de philosophie générale. Agrégé de philosophie, il a aussi soutenu deux thèses, l’une sur l’ « objectivité du toucher » et l’autre sur la nature du plaisir. Ses travaux se situent dans le champ de la métaphysique descriptive.